Articles, entrevues et récits publiés ici et là, au fil des ans et des circonstances. « À la fois bataille et arme, stratégie et choc, lutte et trophée ou blessure, conjonctures et vestiges, rencontre irrégulière et scène répétable. » (Foucault : 1972)

clinique géomentale

France Telecom : une affaire d’hommes

 

La vague de suicide chez France Télécom est un exemple dramatique, la pointe de l’iceberg d’une véritable épidémie silencieuse, et méconnue qui frappe prioritairement les hommes. Parmi les 24 suicides recensés, 23 dont le dernier, sont des hommes dans une compagnie dont 37 % du personnel est féminin. La pratique clinique relayée par l’épidémiologie psychiatrique nous indique clairement que les hommes sont aujourd’hui prioritairement vulnérabilisés par un environnement qui leur échappe et qui altère leur image. Face à une réalité spatiale menaçante qui nous concerne tous, ils réagissent de manière plus impulsive et plus violente.

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Urgences mentales, un nouveau sismographe urbain

 

Pour savoir ce que la psychiatrie peut révéler de la ville, les urgences sont des postes d’observation privilégiés. Ces accueils Inaugurant un modèle de « fast-psy » accessible 24 heures sur 24, se sont d’abord imposés dans les grandes cités américaines puis européennes et sont actuellement présents dans toutes les villes de moyenne importance. Leur rôle dans les régulations urbaines est d’évaluer la possibilité pour les consultants de se réconcilier avec leur environnement et en cas contraire, de leur proposer des issues de secours hospitalières en accord avec leur niveau de rupture individuelle ou avec la menace qu’ils représentent.

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A Silent Epidemic

 

In Montréal recently, there has been a great deal of talk about both suicide among male youths and, in the light of its new cinematic treatment, the tragedy at the Ecole Polytechnique. The two events are not unrelated. Magazines regularly mention male violence towards women, and this aggressivity, often fatal, is also visited by men on themselves, as indicated by the current global epidemic of suicide among men in particular. In our part of the world, this situation is broadly interpreted as a reaction to female emancipation, incomplete and unequally distributed though the latter may be. 

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Une épidémie silencieuse

 

À Montréal, ces derniers temps, on a beaucoup parlé à la fois du suicide des hommes et de la tragédie de Polytechnique à la faveur de sa «sortie » cinématographique; les deux événements ne sont pas sans rapport. La rubrique faits divers des magazines, fait régulièrement mention de la violence des hommes notamment à l’égard des femmes voir des enfants, et cette agressivité, souvent mortelle se retourne aussi très souvent contre eux-mêmes, comme en témoigne l’actuelle épidémie mondiale de suicides qui les frappe prioritairement. Cette situation est largement interprétée sous nos latitudes comme une réaction à une émancipation des femmes pourtant encore timide et, diversement répartie sur la planète. 

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Quand la culture s’invite dans la clinique…

 

La baguette - adoucie par sa matière bois ou laque - s’oppose à notre couteau et à notre fourchette, elle refuse de couper, d’agripper, de mutiler, de percer, elle reconduit inlassablement le geste maternel de la becquée laissant a nos mœurs alimentaires armées de pics et de couteau de reconduire celui de la prédation. Roland Barthes. L'empire des signes

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Psychiatre : nouvelle assignation, agent spatial.

 

L'espace dont on parle ici, c'est l'espace tel qu'il est perceptible dans les pratiques humaines. De ce point de vue, les éléments qu'on va retenir, c'est essentiellement, dans un premier temps, les lieux et les trajets. Pour faire en sorte que cela soit bien clair, on se ramène à une expérience de l'abord d'une ville étrangère. On l'aborde généralement à partir d'un point fixe: un hôtel, une résidence d'ami, et, à partir de là, on va se donner des points de repères.

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Banlieue nord-américaine

 

La rive-sud de Montréal, banlieue nord américaine où j'exerce actuellement, a elle aussi ses symptômes propres. Ils traduisent la vulnérabilité générale des banlieues face aux bouleversements qui depuis cinquante ans, universellement les frappent. Les défaillances et les effondrements individuels rencontrent des espaces résidentielles en rupture d'histoire, soumis aux aléas de leur image. La banlieue captive de ses représentations est devenu une TV Land, où la réalité rattrape parfois violemment les fictions.

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Approche clinique de l’itinérance

 

Avec l'itinérant, c'est précisément la clôture comme délimitation de l'espace mais aussi comme rassemblement de sens qui fait sans cesse question. L'itinérance a sa propre dynamique qui bouleverse le discours ou l'ordre du discours qu'il souhaiterait raconter. Ce qui met en scène un itinérant, ce n'est pas une demande articulée de mots, il donne à voir, à enregistrer un trajet, pas tout à fait épuisé, mais très enrayé. Il est, tout entier, ce trajet qui lui colle à la peau et lui restitue son individualité. Qu'il le proclame ou le taise, son trajet se confond avec sa réalité géographique.

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Étrangers et espace public

 

URBA, No216, novembre 1986.

L'espace public a-t-il un sens commun ? La clinique psychiatrique d'urgence, en prise directe sur la ville, suscite cette interrogation. L'expérience commune des consultantes étrangères nombreuses - crises explosives des Antillaises, troubles corporels des Arabes - témoigne d'un malaise proprement spatial. Celui-ci révèle de manière manifeste ou latente leur insertion problématique dans des espaces publics rigoureusement codés.

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Psychiatrie : le choc spatial.

 

Publié sur www.laspirale.org, www.cyberpresse.ca

A New York, ville pourtant familière avec toutes les peurs de la modernité, les prescriptions de somnifères et d'anxiolytiques grimpent, la population continue d'être inquiète. Tout semble à la fois pareil et différent. Le choc du 11 septembre et l'insécurité environnementale ont généré ce que les médias nomment une véritable psychose spatiale. Pour la psychiatrie contemporaine, cette réaction confirme l'influence grandissante des problématiques territoriales dans les modalités de production et d'expression du mental. La fragilisation du territoire nord américain démontre sous nos yeux et en temps réel comment l'espace peut être impliqué dans la production massive d'unités cliniques. Ce drame dévoile les qualités et l'impact d'un langage territorial dont nous mesurons depuis quelques années les effets de manière individuelle et isolée dans notre pratique psychiatrique.

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Mort et suicide

 

Publié dans Frontières, Volume 15, N0 1, automne 2002.

J'ai passé les premières années de ma vie au 5e étage d'un immeuble de la banlieue parisienne. Du balcon, je regardais sur la route du cimetière passer quotidiennement les catafalques fleuris tirés par des chevaux diversement harnachés, puis les modernes corbillards plus ou moins clinquants. Dernier hommage d'une foule dense ou rachitique, ces cérémonies ont été rapidement sacrifiées au triomphe envahissant de l'automobile. Dans les métropoles, l'heure des enterrements express venait de sonner pour le commun des mortels, et les rites funéraires, hormis ceux réservés aux puissants, disparaissaient du domaine public.

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L’espace comme catégorie de soin

 

Les urgences psychiatriques, Éditions médicales SPECIA, Paris, 1986, Vol. II, p. 58-62.

Les premiers pas d'un praticien aux urgences ne sont pas sans péril. Tout menace de ruine un psychiatre : les passages rapides et divers des consultants, leur provenance et leur destination incertaines, la multitude des intervenants sur un même cas, avec leurs demandes contradictoires et la tonalité généralement sombre, parfois violente, de ces éphémères rencontres . Ainsi, face à des situations complexes, avec mutisme ou affaissement, flot verbal ou agitation, le psychiatre va devoir lentement se constituer sa propre grille d'approche.

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Vers une clinique écologique

 

Depuis une vingtaine d'années, je poursuis une réflexion clinique qui vise à préciser la place et les effets du champ territorial dans la constitution et l'actualisation des structures mentales. Ce lien s'est imposé à moi, au cours de mes années d'exercice aux urgences psychiatriques parisiennes, où j'ai constaté l'actuelle transformation des rapports entre la parole, le corps et l'espace dans l'expression de la souffrance psychique. À partir des situations de crise rencontrées dans ces nouvelles cliniques de l'urgence, j'ai eu de plus le privilège d'animer des recherches trans-disciplinaires, sur la formalisation spatiale du symptôme. Nous avons pu ainsi individualiser des entités cliniques urbaines spécifiques qui en actualisant la présence d'un véritable langage territorial, révèlent les qualités latentes d'un environnement parisien, engagé dans leur formalisation.

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Le code spatial

 

J'aimerais développer trois niveaux. Le premier niveau, qu'on pourrait appeler le code spatial de tout être humain. Il se développe très intimement durant la première enfance au moment où l’espace tout puissant, absolu, se confond le plus souvent avec celui de la mère. Cette confusion va cesser au moment où le sujet découvre que l'espace dans lequel il vit n'est pas unique, et qu'il est à mettre en relation avec de nombreux espaces.

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Le voyage : psychose et transterritorialité.

 

Publié dans la revue Empan, No 54, juin 2004.

L'expérience de psychiatrie nomade dont je vous propose le récit est celle d'un échange transcontinental entre deux groupes de jeunes adultes ayant vécus au moins une décompensation psychotique, l'un venant de Normandie en France, l'autre d'Abitibi, au Québec, où je pratique. Avec deux intervenants qui comme l'ensemble du groupe n'avaient jamais voyagé en Europe, j'ai participé au cours des années 90 à l'organisation et à la réalisation de ce voyage proposé par l'Office franco-québécois pour la jeunesse. Cette offre s'inscrivait dans les objectifs de notre groupe qui se réunissait chaque semaine depuis deux ans ; il visait à rompre l'isolement de ces jeunes urbains et à créer dans leur cité minière un réseau de solidarité capable de les mobiliser. Le projet a été accueilli avec enthousiasme par le groupe.

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Flirter avec l’infini

 

Travail préparatoire pour une agence de publicité. L'objectif : établir un profil psychologique domiciliaire.

Habiter dans un penthouse, c’est échapper à la gravité, c’est camper au sommet d’un village vertical directement connecté sur les voies célestes de communications planétaires actuelles, proche des hauts buildings du centre-ville, totems identitaires des civilisations urbaines. Avec les penthouses de la nouvelle génération, c’est une vue directe sur le village global d’un côté, et de l’autre, le glamour rassurant du sky-line de la cité.

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entrevues

Tradition, modernisme et nouvelle prostitution

 

L'actualité médicale, Vol. 25, N0 24, 16 juin 2004.

« La prostitution répond à d'autres motivations que le simple désir d'un échange sexuel, qui en demeure le prétexte », note le Dr Jean-Dominique Leccia. Médecin psychiatre à Rouyn Noranda et à Châteauguay, le Dr Leccia, professeur adjoint de psychiatrie à McGill, a longtemps travaillé aux urgences psychiatriques parisiennes, entre autres à Pigalle, auprès des prostituées. Selon lui, la prostitution est un bon indicateur de l'état des relations hommes/femmes, dont elle est la part secrète. Le médecin limite sa réflexion aux seuls échanges entre des adultes consentants. L'actualité médicale l'a rencontré.

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urgences psychiatriques

Les urgences psychiatriques

 

Adaptation d'un article écrit en collaboration avec Samuel Bordreuil, article publié dans Les Annales de la recherche urbaine, N0 31, Paris, 1986, pp 93-98.

Les urgences psychiatriques occupent une position singulière à la jointure de deux univers de référence : le réseau des équipements sanitaires, policier et d'assistance d'un côté; le soin psychiatrique dans la spécificité des troubles qu'il traite et des pratiques professionnelles qu'il met en oeuvre de l'autre. Le service des urgences psychiatriques tout à la fois connecte ces deux univers en même temps qu'il les sépare — grâce à sa dimension d'accueil des troubles de la ville. C'est à ce titre qu'il est un service urbain à part entière, comme tous les services qui offrent à la population la permanence d'un recours possible.

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Urgences psychiatriques : regards à l’étranger.

 

Les urgences psychiatriques, Éditions médicales SPECIA, Paris, 1986, Vol. 1, p. 42-45.

La possibilité même d'observer dans diverses villes occidentales des centres d'accueil d'urgence indique leur omniprésence. Cette forme de psychiatrie, née de la guerre, s'est considérablement développée depuis une vingtaine d'années. À la faveur de discussions avec des praticiens dans divers centres urbains, on est frappé par l'uniformité des propos qu'elle suscite.

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Psycho-Police

 

Éditions médicales SPECIA, Paris, 1986, Vol. II, p. 30-31.

J.-D. Leccia : Pouvez-vous raconter une intervention auprès d'une personne en état d'urgence ?

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Rock’n rue

 

Les urgences psychiatriques, Éditions médicales SPECIA, Paris, 1986, Vol. II, p. 25-27.

J.-D. Leccia : Je suis content de vous voir ce soir Patrick, ça fait bien deux, trois mois que vous n'étiez pas venu nous rendre visite. Vous êtes punk maintenant...

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Corridors d’urgence

 

Récit d'un Noël de garde aux urgences psychiatriques de l'Hôpital Lariboisière, à Paris, au début des années 80. Quarante-huit heures au cours desquelles se succède la litanie des laissés pour compte. Le contact avec les exclus de la Cité - clochards, immigrants, pauvres, fugueurs, junkies - révèle le rôle déterminant que joue l'espace dans l'émergence et l'expression du trouble psychique, qu'il soit chronique ou sans lendemain. Au moment où les capitales deviennent des métropoles, les urgences, à fleur de ville, enregistrent les impacts individuels d'une géographie urbaine en pleine redéfinition.

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Biguine blues

 

Les urgences psychiatriques, Éditions médicales SPECIA, Paris, 1986, Vol. 1, p. 25-26.

L'arrivée des consultantes antillaises aux urgences est le plus souvent bruyante. Leurs cris et gestes restent insensibles aux appels au calme des amis ou des policiers qui les entourent... ou les contiennent. L' explosion initiale a eu pour cadre bureau, cantine, drugstore ou hôpital, un lieu public présenté comme dégradé au cours de la « crise de nerfs ». L'événement est immédiatement topographié.

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notes de lecture

Une anthropologie des paysages

 

Les divers et nombreux articles contenus dans l'ouvrage que nous allons parcourir s’intéressent à l’espace. Un espace qui après quelques centaines d’années de quasi-éclipse dans la pensée occidentale revient sur le devant de la scène. Catastrophes naturelles, catastrophes écologiques, mondialisation sauvage, barbaries locales, le tout sur fond de futur incertain ou pour le moins hypothéqué, se relaient en temps réel dans l’espace différé et nomade de nos récepteurs numériques à domicile. Cette omniprésence des enjeux spatiaux hante l’imaginaire contemporain qui, de Cap Canaveral à Hollywood en passant par les sectes cherche une nouvelle utopie, un Autre cosmique rédempteur.

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prises de position

Sauvons le Red Light. Rêveries d’un flâneur solitaire.

 

La manière dont réagissent les architectes montréalais me paraît tout à fait bien appropriée à la situation. Je suis très content que des autorités en la matière réagissent de cette façon. On est en train de commettre un véritable contre sens spatial et urbanistique : un carrefour en mouvement, transformé en quadrilatère Made in France par un architecte talentueux plus orienté sur l’arrêt, sur l’image, la symétrie que sur le mouvement et la capacité d’en rendre compte architecturalement. Je ne suis pas un militant, mais je pense qu’il réellement temps d’agir contre la logique à court terme des millions de dollars qui assassine l’épicentre de Montréal

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Quand le verbe se fait chair

 

Publié dans L'Aut'Journal, en réponse à La Reine-Nègre de Victor-Lévy Beaulieu.

Lévy Beaulieu, un spécialiste émérite de la langue française n'ignorant rien de son triste héritage historique, va exhumer de ces bas-fonds le mot « nègre » dans son acception raciste, la plus honteuse la plus péjorative pour conduire le récit de l‘exécution publique d’un personnage qu'institutionnellement il combat, mais surtout une personne qu'individuellement, il déteste.

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Une habitude de mauvais aloi

 

En cette période de Sommet Intercontinental certains médias parisiens persistent a réhabiliter dans la francophonie une bien troublante tradition langagière.

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Information télévisée : délation en direct et exécution publique.

 

Participant à un meeting lorsque j'étais étudiant, nous avions repéré un policier en civil que nous avons traqué dans les bois. La réunion se tenait la nuit, à l'extérieur. Nous l'avons ensuite appréhendé et fouillé. Il portait sur lui non seulement une carte de policier mais aussi, une carte de presse officielle ayant un nom d'emprunt. Fort de ce butin, nous avions immédiatement pris contact avec des journalistes contestataires sympathisants et les deux cartes se retrouvèrent rapidement en bonne place dans quelques hebdomadaires influents. Ainsi, pour la bonne cause, nous avions livré au public l'image et l'honneur d'un homme, notre semblable, pour un délit bien démesuré par rapport à la cruauté d'un tel châtiment.

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L’Hôtel Albert

 

Publié dans La Frontière, Rouyn Noranda, printemps 2004.

La santé mentale est un équilibre fragile entre l'individu et son environnement, notre bien être dépend largement de notre cadre de vie. Si la rumeur d'un changement d'affectation de l'Hôtel Albert se vérifiait, une double atteinte à cette harmonie serait en train de se commettre, pour la ville et pour ses aînés.

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Prétexte futile pour un débat douteux

 

Publié dans Le Devoir.

Dans la page Idées du quotidien Le Devoir du 20 mars 2001, Monsieur G. B. critique amicalement le titre choisi par les organisateurs de la semaine d'actions contre le racisme et la discrimination. En épousant une approche du racisme fondée sur des déterminismes naturalistes qui finissent par bousculer les valeurs culturelles les mieux établies, l'auteur conteste la formule « On ne vient pas au monde raciste. Pourquoi le devient-on? » Le racisme serait ainsi l'expression d'une volonté naturelle de sauvegarde où de puissance confortée par des religions monothéistes consacrant la notion de peuples élus.

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Les auberges du cœur

 

Publié dans Le Devoir, 28 février 2006

Avant que les Auberges du cœur ne se perdent dans le flot des nouvelles, j'ai ressenti le besoin, pour ne pas dire l’urgence, de me solidariser du cri d'alarme de leur porte parole, l'ancien maire Doré. Depuis une vingtaine d'années, psychiatre de première ligne dans divers contextes géographiques et sociaux, je constate une véritable explosion de pathologies mentales mutantes générées dans nos sociétés par les bouleversements d’une mondialisation en marche forcée.

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D’un séisme à l’autre

 

Vu de loin, le printemps français avec ses allures de réplique sismique évoque étrangement pour moi l'automne américain. Bien sur, comparaison n'est pas raison. Et pourtant. D'abord, la même surprise de l'événement, violence du choc, disparition d'éléments hautement symboliques dans un paysage architectural ou politique, que l'on pensait immuable. Puis, dans l'après-coup, la même sidération, le même silence, et surtout, la même mobilisation des corps pour se retrouver et continuer d'avancer.

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récits

Le voyage - Tracés d’enfance

 

Rivista Corsica Meditenareu, No 5, 1984, p. 1 -9.

Le village apparaissait enfin, accroché à flanc de montagne. La route s'engageait dans l'ultime vallée aveugle. Il allait disparaître encore un instant. Le voyage touchait à son terme. Nous avions refusé les sollicitations d'univers qui auraient pu distraire notre tension vers ce lieu qui maintenant allait se dessiner dans le soir naissant.

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