L’Hôtel Albert

 

Catégorie : prises de position

Publié dans La Frontière, Rouyn Noranda, printemps 2004.

Mots-clés : santé mentale, environnement, Rouyn Noranda, Abitibi

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La santé mentale est un équilibre fragile entre l'individu et son environnement, notre bien être dépend largement de notre cadre de vie. Si la rumeur d'un changement d'affectation de l'Hôtel Albert se vérifiait, une double atteinte à cette harmonie serait en train de se commettre, pour la ville et pour ses aînés.

 

Le cadre d'une résidence pour aînés doit être aéré avec la présence de la terre, même un simple jardin ou se ressourcer dans une architecture simple et dégagée. L'Albert, par sa configuration et par sa localisation, est parfaitement inadapté pour recevoir de manière permanente et exclusive des aînés. Ouvrir une telle ressource dans ce lieu représente une erreur d'appréciation en terme de santé publique, non seulement pour les personnes concernées mais aussi pour la ville qui se verrait privée d'un acteur de premier plan.

L'Hôtel Albert participe depuis longtemps à l'histoire de la communauté, il est inscrit dans sa légende. L'hôtel est une icône bien rénovée, un garant du passé et un gage de stabilité donc de longévité. La ville encore jeune ne dispose pas de suffisamment de repère identitaire pour se permettre de sacrifier un tel symbole. Ancré dans l'histoire et dans l'esprit pionnier de Rouyn Noranda, l'hôtel doit demeurer fidèle à sa mission première, avec la tradition d'accueil que son personnel poursuit si bien. C'est un lieu d'ouverture vers la région et s'il devait disparaître, il amènerait avec lui une part du rêve abitibien et beaucoup d'espoir.

Psychiatre, je suis en contact avec de nombreux citadins depuis quinze ans. Je mesure le rôle que joue l'harmonie de la ville sur l'équilibre de ses habitants. La santé n'est pas seulement, la maladie, l'hôpital, mais aussi le respect des équilibres organiques des individus et de leurs milieux de vie.

Avant de clore, deux questions : des subventions, sont elles engagés dans ce projet, et à quel titre ? La municipalité ne peut elle pas s'opposer à un telle entreprise de nature à détériorer son tissu urbain ?

 

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