Sauvons le Red Light. Rêveries d’un flâneur solitaire.

 

Catégorie : prises de position

Mots-clés : Boul. St-Laurent, Montréal, Red Lignt

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La manière dont réagissent les architectes montréalais me paraît tout à fait bien appropriée à la situation. Je suis très content que des autorités en la matière réagissent de cette façon. On est en train de commettre un véritable contre sens spatial et urbanistique : un carrefour en mouvement, transformé en quadrilatère Made in France par un architecte talentueux plus orienté sur l’arrêt, sur l’image, la symétrie que sur le mouvement et la capacité d’en rendre compte architecturalement. Je ne suis pas un militant, mais je pense qu’il réellement temps d’agir contre la logique à court terme des millions de dollars qui assassine l’épicentre de Montréal

 

J’habite le Red Light, cet îlot charnière entre l’est l’ouest, le sud et le nord, à la frontière de China Town, et j’aime ce quartier populaire organisé autour du mouvement des passants aux origines diverses. J’ai participé aux différentes consultations et présentations du quadrilatère saint Laurent, où je n’ai rien entendu sur ce tissu humain, il s’agissait d’imposer dans les plus brefs délais une tour à bureaux, qui n’animera pas plus le quartier que sa jumelle sur René Lévesque. Un immeuble qui se remplit le matin et se vide le soir à l’opposé du rythme de ce quartier et de celui des spectacles qui s’anime la nuit. À ce carrefour encore vivant, ce paquebot désert dans l’obscurité arrive avec son obligation d’éradiquer, pour cause de standing les cultures marginales alentours, tout ce qui fait le charme de mon quartier bohème.

Soyons positifs, même s’il s’agit des simples réflexions d’un flâneur solitaire, amoureux de Montréal, qui constate la disparition progressive des parkings en îlot d’habitation. Dans le quartier avec la construction de l’Opéra et celle du CHUM, l’immobilier se porte bien, alors pourquoi ne pas faire un immeuble d’habitation, animé le jour et la nuit avec ses commerces de voisinage, une architecture mobile de 4 ou 5 étages de condos avec au sommet des ateliers d’artistes. Des appartements que nous ne bouderont pas la bourgeoisie bohème Une belle occasion d’expérimenter une création futuriste avec des formes originales évoquant les quatre points cardinaux. Un type de construction inédite, qui manque cruellement a Montréal et qui respecte à la fois l’histoire de la métropole et son mouvement en l’intégrant à l’esprit du quartier. Un quartier qui demeure à préserver et donc qui doit être habité.

Et le flâneur se prend à rêver, Le club Cléopâtre au rez de chaussée, ou se rencontrent, danseuses érotiques et cow-boys urbains souvent mal en selle pourraient être voisin pour publics mieux assis, d’une salle de danse contemporaine, dont la tendance dominante est largement transgressive, sexe et corps mêlés. Au premier étage, ou se tiennent les messes occultes qui rassemblent fétichistes, travestis et autres minorités érotiques, une galerie photos orientée dans la même direction, pourrait servir de décor et de commerce.  À côté du Montréal Pool Room avec ses fameux hots dogs, un chef bien inspirée pourrait ouvrir un restaurant avec poutine au caviar ou au foie gras. La culture devrait elle être exclusivement labélisée, pourquoi les spectacles populaires devraient-ils, disparaître, la culture n’est elle pas cet espace d’échanges où se rejoignent parfois les contraires sans qu’ils aient à s’exclure. Prenons garde à respecter cet ancrage populaire du quartier des spectacles, avant qu’il ne dérive, au fil des ans en ghetto culturel de la Société du Spectacle. Nous souhaitons pour l’épicentre de Montréal, une construction vivante, 24 heures sur 24, capable d’intégrer les différences urbaines plutôt que de les éliminer, une création architectural du XXIe plutôt que de la fin du XXe. 

PS : Je n’ai rien contre les grands projets et beaucoup contre les désastres urbanistiques dont on reçoit aux urgences psychiatriques les victimes.

 

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