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    <title>www.geomental.com : le site de Jean&#45;Dominique Leccia, psychiatre</title>
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    <dc:language>en</dc:language>
    <dc:rights>Copyright 2008</dc:rights>
    <dc:date>2008-07-20T21:19:33-04:00</dc:date>
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      <title>Quand la culture s&#8217;invite dans la clinique&#8230;</title>
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     <description>Ce n&apos;est pas comme sp&#233;cialiste dans le domaine transculturel que je vous parle, m&#234;me si c&apos;est un domaine qui m&apos;int&#233;resse et qu&apos;il ne n&apos;est pas &#233;tranger ayant exerc&#233; dans diff&#233;rents contextes culturels, c&apos;est en psychiatre g&#233;n&#233;raliste et plus pr&#233;cis&#233;ment en psychiatre de l&apos;urgence. Curieusement lors de ma derni&#232;re semaine de garde &#224; Ch&#226;teauguay j&apos;ai re&#231;u deux patientes ha&#239;tiennes fra&#238;chement arriv&#233;es, cinq patients de la r&#233;serve de Kahnawake, qui ne veulent plus aller &#224; Montr&#233;al pour se faire soigner, sans compter les deux ou trois exil&#233;s de l&apos;int&#233;rieur incapable de composer avec les univers m&#233;diatiques et virtuels au sein desquels ils se perdent. De plus en plus souvent m&#234;me lorsqu&apos;on ne la cherche pas la culture, s&#8217;invite avec parfois beaucoup d&#8217;insistance dans le champ de la clinique.Parce que sa pr&#233;sence peut&#45;&#234;tre insidieuse il est essentiel d&apos;abord de la rep&#233;rer. Il est important ensuite de voir la place qu&apos;elle occupe dans les tableaux symptomatiques rencontr&#233;s. Il est enfin, capital au moment o&#249; nous devons prendre des d&#233;cisions th&#233;rapeutiques, qu&#8217;elle soit prise en compte sous peine de malentendus.</description>
      <dc:subject>clinique g&#233;omentale</dc:subject>
      <dc:date>2008-07-20T22:19:33-04:00</dc:date>
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    <item>
      <title>Quand le verbe se fait chair</title>
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     <description>Le choix des mots d&apos;abord. Il sait parfaitement que le terme &#171; n&#232;gre &#187; a 
rarement habit&#233; les beaux quartiers d&apos;une langue ni expurg&#233;e ni exon&#233;r&#233;e de 
cet h&#233;ritage esclavagiste et colonial, qui l&apos;habite, et &#224; laquelle l&apos;&#233;crivain 
se dit sensible. Le mot n&#232;gre autour duquel se sont organis&#233;es s&#233;mantiquement la traite dite n&#233;gri&#232;re, et la colonisation des Africains, a connu une 
r&#233;habilitation au moment magique ou deux d&apos;entre eux, L&#233;opold Senghor et 
Aim&#233; C&#233;saire consacrent la N&#233;gritude. Il se r&#233;approprie le terme, qui les 
nommait pour les asservir et lui conf&#232;re une noblesse nouvelle, l&apos;assignant 
&#224; d&#233;signer exclusivement des individus, des populations ou leur cr&#233;ation, en 
t&#233;moigne la reconnaissance de l&apos;Art N&#232;gre, la Revue Noire, le jazz, le Negro 
Art. On croyait le terme rescap&#233; de ces enfers. M&#234;me les dictionnaires r&#233;put&#233;s conservateurs, dans les ann&#233;es 80, pr&#233;cisaient que les connotations p&#233;joratives du mot n&apos;&#233;taient plus appropri&#233;es et en voie de disparition en raison de la valorisation des cultures du monde noir. Ils pensaient que l&apos;ambivalence du terme, son double sens possible en fran&#231;ais avait d&#233;finitivement &#233;t&#233; clarifi&#233;, Negro plut&#244;t que Nigger.</description>
      <dc:subject>prises de position</dc:subject>
      <dc:date>2008-07-16T18:23:29-04:00</dc:date>
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      <title>Psychiatre : nouvelle assignation, agent spatial.</title>
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     <description>L&apos;espace comme langage
 Ce sont les monuments, les mus&#233;es, les clubs, les restaurants, bref des &#233;l&#233;ments de lieux. En m&#234;me temps, nous allons balbutier des phras&#233;s spatiaux qui relient ces ensembles de lieux entre eux, nous exp&#233;rimentons alors les trajets. La connaissance de la ville va ainsi lentement s&apos;op&#233;rer, d&apos;une part gr&#226;ce &#224;  une meilleure connaissance des lieux, c&apos;est&#45;&#224; &#45;dire par l&apos;acquisition d&apos;un vocabulaire plus large, et d&apos;autre part, par une exploration des trajets que l&apos;on peut consid&#233;rer &#45; en s&apos;adressant toujours &#224;  la m&#233;taphore de la langue &#45; comme une v&#233;ritable syntaxe. Cette exp&#233;rience va faire appel &#224;  notre code spatial au carrefour de notre histoire individuelle et de nos g&#233;ographies. On va tester sa souplesse, sa capacit&#233; &#224;  s&apos;adapter &#224;  des situations nouvelles o&#249; le corps se retrouve en premi&#232;re ligne, tout mouvement n&#233;cessitant un jeu harmonieux entre trajets et lieux. Un ancrage territorial probl&#233;matique va se manifester au travers de la d&#233;faillance de cette harmonie, d&#233;faillance que nous avons pu observer lors d&apos;un &#233;change franco&#45;qu&#233;b&#233;cois o&#249; nous avons accompagn&#233; de jeunes adultes psychotiques en voyage. Certains se repliaient de mani&#232;re catatonique sur le groupe, tandis que d&apos;autres se dispersaient dangereusement dans les trajets, leur ancrage territorial originel probl&#233;matique &#233;tait exag&#233;r&#233;, confront&#233; &#224;  une situation spatiale dont les diagrammes de trajets et de lieux leur &#233;taient &#233;trangers.</description>
      <dc:subject>clinique g&#233;omentale</dc:subject>
      <dc:date>2008-07-15T17:46:24-04:00</dc:date>
    </item>

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      <title>Banlieue nord&#45;am&#233;ricaine</title>
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     <description>Mon parcours transterritorial et transatlantique m&apos;a convaincu que contrairement &#224; une id&#233;e couramment admise, les espaces ne sont pas neutres, inertes et transparents, mais au contraire, pr&#233;sents et actifs dans notre vie mentale. L&apos;espace peut intervenir comme pr&#233;texte, &#233;l&#233;ment d&#233;clencheur ou sc&#232;ne dramatique dans l&apos;expression d&apos;&#233;motions aussi puissantes que disparates. L&apos;actualit&#233; nous indique qu&apos;ins&#233;curis&#233;s, ils sont capables de provoquer de v&#233;ritables psychoses collectives virant parfois en cauchemars tragiques ou en farce politique. Il peut aussi devenir opaque, agressif, capable de stigmatisation et d&apos;exclusion.</description>
      <dc:subject>clinique g&#233;omentale</dc:subject>
      <dc:date>2008-07-14T13:06:50-04:00</dc:date>
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      <title>Une habitude de mauvais aloi</title>
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     <description>Lib&#233;ration, 24 ao&#251;t 99, derni&#232;re page, titre gras, raccoleur : P.Tournon fait le n&#232;gre pour A. Jacquet.
L&apos;article s&#8217;inaugure : Il y a m&#234;me des n&#232;gres heureux... Plus avant : Jacquet, c&#8217;est un r&#234;ve de n&#232;gre.  L&#8217;effet humoristique produit dans ces coupures ne peut &#234;tre totalement &#233;tranger &#224;  la signification premi&#232;re du terme &#224;  savoir la d&#233;signation de Cultures et de Peuples, d&#8217;Hommes dont le sort dans nos soci&#233;t&#233;s est le plus souvent pr&#233;caire. A moins de croire na&#239;vement &#224;  la d&#233;substantalisation d&#8217;un tel patronyme, on ne saurait  innocemment l&#8217;alt&#233;rer en le convoquant pour nommer un obscur travail d&#8217;&#233;criture.  Ce d&#233;tournement, s&#8217;autorisant du sens figur&#233;,  trouverait, au dire de leurs utilisateurs, sa l&#233;gitimit&#233; hexagonale dans une pratique courante de la langue que les m&#233;dias relaient sans la moindre distance critique. Et les exemples abondent&#8230;</description>
      <dc:subject>prises de position</dc:subject>
      <dc:date>2008-07-11T20:05:10-04:00</dc:date>
    </item>

    <item>
      <title>Les urgences psychiatriques</title>
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     <description>Un r&#233;cit
Dans la salle d&apos;accueil du service de garde, la ville ne se donne pas &#224;  voir mais &#224;  entendre.  La ville entre souvent l&#224;  avec fracas, dans la r&#233;p&#233;tition v&#233;h&#233;mente des humeurs,  dans le d&#233;ballage des histoires personnelles saisies  &#224;  leurs plus grands moments de tension, ou de rel&#226;chement, d&apos;intensit&#233; dramatique en tout cas.  Le rapport du service &#224;  la ville passe par ce lien narratif avec les internes de garde, cet apport toujours renouvel&#233; de corpus de paroles imbriqu&#233;es par le d&#233;sarroi et la souffrance.</description>
      <dc:subject>urgences psychiatriques</dc:subject>
      <dc:date>2008-03-10T16:50:38-04:00</dc:date>
    </item>

    <item>
      <title>Urgences psychiatriques : regards &amp;agrave; l&#8217;&amp;eacute;tranger.</title>
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     <description>La population &amp;agrave; laquelle cette psychiatrie s&apos;adresse est g&amp;eacute;n&amp;eacute;ralement d&amp;eacute;munie ou pauvre. Elle est souvent &amp;eacute;trang&amp;egrave;re &amp;agrave; la ville: immigr&amp;eacute;s ou nouveaux arrivants. Elle est majoritairement jeune et masculine, mais aussi &amp;acirc;g&amp;eacute;e et solitaire. Des cat&amp;eacute;gories que les rigueurs de la crise ont rendu vuln&amp;eacute;rables.
Les unit&amp;eacute;s symptomatologiques ob&amp;eacute;issent &amp;agrave; de grandes constances : toxicomanie, alcoolisme, d&amp;eacute;pression, &amp;eacute;tat anxieux, sentiment de solitude et d&apos;abandon. En toile de fond, les sans domicile fixe et les &amp;laquo; chroniques de l&apos;urgence&amp;raquo;, ces nouveaux nomades de la maladie mentale. Pour conforter cette touche moderniste, on notera que les effets de rupture ou de vacances psychanalytiques manquent rarement &amp;agrave; l&apos;appel.</description>
      <dc:subject>urgences psychiatriques</dc:subject>
      <dc:date>2008-02-12T20:21:17-04:00</dc:date>
    </item>

    <item>
      <title>Approche clinique de l&#8217;itin&#233;rance</title>
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     <description>Je me sens &#233;parpill&#233;e en plusieurs endroits.Catherine, jeune itin&#233;rante.
Le lieu d&apos;accueil que nous occupons se situe, pour le patient, sur un des phras&#233;s de ses d&#233;placements qui d&#233;cline son histoire. Le sujet va venir nous consulter tout autant pour une halte dans son mouvement que pour en faire le r&#233;cit inachev&#233;. Ce qu&apos;il demande, c&apos;est la prise en charge de son existence pr&#233;caire, une d&#233;charge de la responsabilit&#233; de sa vie souvent proche de la survie et de la mort.
Pour l&apos;&#233;coute de son r&#233;cit, on tentera de distraire, un instant, le douloureux asservissement du sujet &#224;  sa g&#233;ographie, et on devra d&#233;cider de la pertinence d&apos;une pause dans son mouvement. Cette &#233;coute clinique de l&apos;itin&#233;rant oblige &#224;  s&apos;ouvrir sur un mode relationnel fond&#233; sur un jeu de signes spatiaux. Pour en d&#233;terminer les r&#232;gles et les articulations signifiantes, il convient pr&#233;alablement d&apos;&#233;laborer une d&#233;finition de la pratique itin&#233;rante.
Un trajet de lieu en lieu constituant son propre espace
Ces trois param&#232;tres qui organisent le syst&#232;me de communication actualis&#233; par l&apos;itin&#233;rance organiseront aussi la r&#233;flexion clinique qu&apos;elle nous sugg&#232;re.</description>
      <dc:subject>clinique g&#233;omentale</dc:subject>
      <dc:date>2008-02-05T19:59:20-04:00</dc:date>
    </item>

    <item>
      <title>&#201;trangers et espace public</title>
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     <description>Les Antillaises conduites en &#233;tat de crise &#224;  l&apos;h&#244;pital arrivent souvent entre deux policiers. Leurs cris et leur &#233;nervement prolongent l&apos;explosion initiale qui prend pour cadre bureau, cantine, drugstore, lieu public expos&#233; que les accompagnants pr&#233;sentent comme d&#233;grad&#233; au cours de la &amp;laquo; crise de nerf &amp;raquo;. L&apos;&#233;v&#233;nement est imm&#233;diatement topographi&#233;. La r&#233;probation voire la r&#233;pression s&apos;autorisent de la d&#233;gration du lieu. Les d&#233;g&#226;ts sont sans doute moins importants dans les faits que dans leurs r&#233;cits, porteurs de fantasmes : &amp;laquo;  elle a failli briser les vitres du hall &amp;raquo;, &amp;laquo;  elle cassait tout dans le bureau. &amp;raquo; Simple d&#233;sordre, en fait. La d&#233;gradation semble plus symbolique que r&#233;elle : gestes et propos d&#233;plac&#233;s. Espace d&#233;tourn&#233;.</description>
      <dc:subject>clinique g&#233;omentale</dc:subject>
      <dc:date>2007-11-22T17:58:08-04:00</dc:date>
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      <title>Le voyage &#45; Trac&#233;s d&#8217;enfance</title>
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     <description>D&#232;s les premi&#232;res chaleurs de juillet, apr&#232;s la c&#233;r&#233;monie des prix &#45; troph&#233;es d&apos;un monde qui insidieusement nous poss&#233;dait d&#233;j&#224;  &#45; nous commencions &#224;  partir.  L&apos;appartement &#233;tait livr&#233; &#224; une anarchie inhabituelle, sympt&#244;me de notre proche abandon.   Tas de v&#234;tements scrupuleusement inventori&#233;s, cadeaux emball&#233;s, plaques de chocolat &amp;laquo; C&#244;te d&apos;Or &amp;raquo; et odorants paquets de caf&#233; belge.  Ce d&#233;sordre m&#233;nager, voisin de celui de nos sens, s&apos;ordonnerait miraculeusement serr&#233; dans les multiples valises et dans la grande cantine militaire dont l&apos;enregistrement annon&#231;ait l&apos;imminence du d&#233;part.  Le compte &#224; rebours pouvait commencer.</description>
      <dc:subject>r&#233;cits</dc:subject>
      <dc:date>2007-10-15T14:31:26-04:00</dc:date>
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