Archives du mot-clé : France
Le voyage : psychose et transterritorialité.
Catégorie : clinique géomentale
Publié dans la revue Empan, No 54, juin 2004.
L'expérience de psychiatrie nomade dont je vous propose le récit est celle d'un échange transcontinental entre deux groupes de jeunes adultes ayant vécus au moins une décompensation psychotique, l'un venant de Normandie en France, l'autre d'Abitibi, au Québec, où je pratique. Avec deux intervenants qui comme l'ensemble du groupe n'avaient jamais voyagé en Europe, j'ai participé au cours des années 90 à l'organisation et à la réalisation de ce voyage proposé par l'Office franco-québécois pour la jeunesse. Cette offre s'inscrivait dans les objectifs de notre groupe qui se réunissait chaque semaine depuis deux ans ; il visait à rompre l'isolement de ces jeunes urbains et à créer dans leur cité minière un réseau de solidarité capable de les mobiliser. Le projet a été accueilli avec enthousiasme par le groupe.
D’un séisme à l’autre
Catégorie : prises de position
Vu de loin, le printemps français avec ses allures de réplique sismique évoque étrangement pour moi l'automne américain. Bien sur, comparaison n'est pas raison. Et pourtant. D'abord, la même surprise de l'événement, violence du choc, disparition d'éléments hautement symboliques dans un paysage architectural ou politique, que l'on pensait immuable. Puis, dans l'après-coup, la même sidération, le même silence, et surtout, la même mobilisation des corps pour se retrouver et continuer d'avancer.
Corridors d’urgence
Catégorie : urgences psychiatriques
Récit d'un Noël de garde aux urgences psychiatriques de l'Hôpital Lariboisière, à Paris, au début des années 80. Quarante-huit heures au cours desquelles se succède la litanie des laissés pour compte. Le contact avec les exclus de la Cité - clochards, immigrants, pauvres, fugueurs, junkies - révèle le rôle déterminant que joue l'espace dans l'émergence et l'expression du trouble psychique, qu'il soit chronique ou sans lendemain. Au moment où les capitales deviennent des métropoles, les urgences, à fleur de ville, enregistrent les impacts individuels d'une géographie urbaine en pleine redéfinition.
Le voyage - Tracés d’enfance
Catégorie : récits
Rivista Corsica Meditenareu, No 5, 1984, p. 1 -9.
Le village apparaissait enfin, accroché à flanc de montagne. La route s'engageait dans l'ultime vallée aveugle. Il allait disparaître encore un instant. Le voyage touchait à son terme. Nous avions refusé les sollicitations d'univers qui auraient pu distraire notre tension vers ce lieu qui maintenant allait se dessiner dans le soir naissant.

L'expérience de psychiatrie nomade dont je vous propose le récit est celle d'un échange transcontinental entre deux groupes de jeunes adultes ayant vécus au moins une décompensation psychotique, l'un venant de Normandie en France, l'autre d'Abitibi, au Québec, où je pratique. Avec deux intervenants qui comme l'ensemble du groupe n'avaient jamais voyagé en Europe, j'ai participé au cours des années 90 à l'organisation et à la réalisation de ce voyage proposé par l'Office franco-québécois pour la jeunesse. Cette offre s'inscrivait dans les objectifs de notre groupe qui se réunissait chaque semaine depuis deux ans ; il visait à rompre l'isolement de ces jeunes urbains et à créer dans leur cité minière un réseau de solidarité capable de les mobiliser. Le projet a été accueilli avec enthousiasme par le groupe.
Récit d'un Noël de garde aux urgences psychiatriques de l'Hôpital Lariboisière, à Paris, au début des années 80. Quarante-huit heures au cours desquelles se succède la litanie des laissés pour compte. Le contact avec les exclus de la Cité - clochards, immigrants, pauvres, fugueurs, junkies - révèle le rôle déterminant que joue l'espace dans l'émergence et l'expression du trouble psychique, qu'il soit chronique ou sans lendemain. Au moment où les capitales deviennent des métropoles, les urgences, à fleur de ville, enregistrent les impacts individuels d'une géographie urbaine en pleine redéfinition.