Archives du mot-clé : Urgences Psychiatriques
Biguine blues
Catégorie : urgences psychiatriques
Les urgences psychiatriques, Éditions médicales SPECIA, Paris, 1986, Vol. 1, p. 25-26.
L'arrivée des consultantes antillaises aux urgences est le plus souvent bruyante. Leurs cris et gestes restent insensibles aux appels au calme des amis ou des policiers qui les entourent... ou les contiennent. L' explosion initiale a eu pour cadre bureau, cantine, drugstore ou hôpital, un lieu public présenté comme dégradé au cours de la « crise de nerfs ». L'événement est immédiatement topographié.
Vers une clinique écologique
Catégorie : clinique géomentale
Depuis une vingtaine d'années, je poursuis une réflexion clinique qui vise à préciser la place et les effets du champ territorial dans la constitution et l'actualisation des structures mentales. Ce lien s'est imposé à moi, au cours de mes années d'exercice aux urgences psychiatriques parisiennes, où j'ai constaté l'actuelle transformation des rapports entre la parole, le corps et l'espace dans l'expression de la souffrance psychique. À partir des situations de crise rencontrées dans ces nouvelles cliniques de l'urgence, j'ai eu de plus le privilège d'animer des recherches trans-disciplinaires, sur la formalisation spatiale du symptôme. Nous avons pu ainsi individualiser des entités cliniques urbaines spécifiques qui en actualisant la présence d'un véritable langage territorial, révèlent les qualités latentes d'un environnement parisien, engagé dans leur formalisation.
Corridors d’urgence
Catégorie : urgences psychiatriques
Récit d'un Noël de garde aux urgences psychiatriques de l'Hôpital Lariboisière, à Paris, au début des années 80. Quarante-huit heures au cours desquelles se succède la litanie des laissés pour compte. Le contact avec les exclus de la Cité - clochards, immigrants, pauvres, fugueurs, junkies - révèle le rôle déterminant que joue l'espace dans l'émergence et l'expression du trouble psychique, qu'il soit chronique ou sans lendemain. Au moment où les capitales deviennent des métropoles, les urgences, à fleur de ville, enregistrent les impacts individuels d'une géographie urbaine en pleine redéfinition.
Rock’n rue
Catégorie : urgences psychiatriques
Les urgences psychiatriques, Éditions médicales SPECIA, Paris, 1986, Vol. II, p. 25-27.
J.-D. Leccia : Je suis content de vous voir ce soir Patrick, ça fait bien deux, trois mois que vous n'étiez pas venu nous rendre visite. Vous êtes punk maintenant...
Mort et suicide
Catégorie : clinique géomentale
Publié dans Frontières, Volume 15, N0 1, automne 2002.
J'ai passé les premières années de ma vie au 5e étage d'un immeuble de la banlieue parisienne. Du balcon, je regardais sur la route du cimetière passer quotidiennement les catafalques fleuris tirés par des chevaux diversement harnachés, puis les modernes corbillards plus ou moins clinquants. Dernier hommage d'une foule dense ou rachitique, ces cérémonies ont été rapidement sacrifiées au triomphe envahissant de l'automobile. Dans les métropoles, l'heure des enterrements express venait de sonner pour le commun des mortels, et les rites funéraires, hormis ceux réservés aux puissants, disparaissaient du domaine public.
Psycho-Police
Catégorie : urgences psychiatriques
Éditions médicales SPECIA, Paris, 1986, Vol. II, p. 30-31.
J.-D. Leccia : Pouvez-vous raconter une intervention auprès d'une personne en état d'urgence ?
Urgences psychiatriques : regards à l’étranger.
Catégorie : urgences psychiatriques
Les urgences psychiatriques, Éditions médicales SPECIA, Paris, 1986, Vol. 1, p. 42-45.
La possibilité même d'observer dans diverses villes occidentales des centres d'accueil d'urgence indique leur omniprésence. Cette forme de psychiatrie, née de la guerre, s'est considérablement développée depuis une vingtaine d'années. À la faveur de discussions avec des praticiens dans divers centres urbains, on est frappé par l'uniformité des propos qu'elle suscite.
Les urgences psychiatriques
Catégorie : urgences psychiatriques
Adaptation d'un article écrit en collaboration avec Samuel Bordreuil, article publié dans Les Annales de la recherche urbaine, N0 31, Paris, 1986, pp 93-98.
Les urgences psychiatriques occupent une position singulière à la jointure de deux univers de référence : le réseau des équipements sanitaires, policier et d'assistance d'un côté; le soin psychiatrique dans la spécificité des troubles qu'il traite et des pratiques professionnelles qu'il met en oeuvre de l'autre. Le service des urgences psychiatriques tout à la fois connecte ces deux univers en même temps qu'il les sépare — grâce à sa dimension d'accueil des troubles de la ville. C'est à ce titre qu'il est un service urbain à part entière, comme tous les services qui offrent à la population la permanence d'un recours possible.
Urgences mentales, un nouveau sismographe urbain
Catégorie : clinique géomentale
Pour savoir ce que la psychiatrie peut révéler de la ville, les urgences sont des postes d’observation privilégiés. Ces accueils Inaugurant un modèle de « fast-psy » accessible 24 heures sur 24, se sont d’abord imposés dans les grandes cités américaines puis européennes et sont actuellement présents dans toutes les villes de moyenne importance. Leur rôle dans les régulations urbaines est d’évaluer la possibilité pour les consultants de se réconcilier avec leur environnement et en cas contraire, de leur proposer des issues de secours hospitalières en accord avec leur niveau de rupture individuelle ou avec la menace qu’ils représentent.
Depuis une vingtaine d'années, je poursuis une réflexion clinique qui vise à préciser la place et les effets du champ territorial dans la constitution et l'actualisation des structures mentales. Ce lien s'est imposé à moi, au cours de mes années d'exercice aux urgences psychiatriques parisiennes, où j'ai constaté l'actuelle transformation des rapports entre la parole, le corps et l'espace dans l'expression de la souffrance psychique. À partir des situations de crise rencontrées dans ces nouvelles cliniques de l'urgence, j'ai eu de plus le privilège d'animer des recherches trans-disciplinaires, sur la formalisation spatiale du symptôme. Nous avons pu ainsi individualiser des entités cliniques urbaines spécifiques qui en actualisant la présence d'un véritable langage territorial, révèlent les qualités latentes d'un environnement parisien, engagé dans leur formalisation.
Récit d'un Noël de garde aux urgences psychiatriques de l'Hôpital Lariboisière, à Paris, au début des années 80. Quarante-huit heures au cours desquelles se succède la litanie des laissés pour compte. Le contact avec les exclus de la Cité - clochards, immigrants, pauvres, fugueurs, junkies - révèle le rôle déterminant que joue l'espace dans l'émergence et l'expression du trouble psychique, qu'il soit chronique ou sans lendemain. Au moment où les capitales deviennent des métropoles, les urgences, à fleur de ville, enregistrent les impacts individuels d'une géographie urbaine en pleine redéfinition.
J'ai passé les premières années de ma vie au 5e étage d'un immeuble de la banlieue parisienne. Du balcon, je regardais sur la route du cimetière passer quotidiennement les catafalques fleuris tirés par des chevaux diversement harnachés, puis les modernes corbillards plus ou moins clinquants. Dernier hommage d'une foule dense ou rachitique, ces cérémonies ont été rapidement sacrifiées au triomphe envahissant de l'automobile. Dans les métropoles, l'heure des enterrements express venait de sonner pour le commun des mortels, et les rites funéraires, hormis ceux réservés aux puissants, disparaissaient du domaine public.
Les urgences psychiatriques occupent une position singulière à la jointure de deux univers de référence : le réseau des équipements sanitaires, policier et d'assistance d'un côté; le soin psychiatrique dans la spécificité des troubles qu'il traite et des pratiques professionnelles qu'il met en oeuvre de l'autre. Le service des urgences psychiatriques tout à la fois connecte ces deux univers en même temps qu'il les sépare — grâce à sa dimension d'accueil des troubles de la ville. C'est à ce titre qu'il est un service urbain à part entière, comme tous les services qui offrent à la population la permanence d'un recours possible.
Pour savoir ce que la psychiatrie peut révéler de la ville, les urgences sont des postes d’observation privilégiés. Ces accueils Inaugurant un modèle de « fast-psy » accessible 24 heures sur 24, se sont d’abord imposés dans les grandes cités américaines puis européennes et sont actuellement présents dans toutes les villes de moyenne importance. Leur rôle dans les régulations urbaines est d’évaluer la possibilité pour les consultants de se réconcilier avec leur environnement et en cas contraire, de leur proposer des issues de secours hospitalières en accord avec leur niveau de rupture individuelle ou avec la menace qu’ils représentent.